Le Tournoi de Lülnich

    En l’an 2567 (ou 8405 dans le calendrier ancien encore en usage courant dans le royaume de la couronne blanche), le Seigneur Norrin baron de Rotzunge organisa un grand tournoi dans la ville de Lülnich pour célébrer le mariage de son fils Reuter avec la Demoiselle Vivian, fille aînée du Comte de Lech et nièce de Sa Majesté le Roi. Le début du tournoi avait été fixé au 15 mai pour laisser aux participants le temps de se rendre ensuite au tournoi annuel à Granx.

    S’en-vinrent nombre de nobles combattants et chevaliers de grandes prouesses, le Comte de Vézelay accompagné de son fils et de ses gens, le Baron de Most lui aussi en compagnie de son fils avec sa suite, Egbert von Hohenlech le frère du Seigneur de Granx qui venait avec plusieurs chevaliers de l’ordre de la licorne, le Seigneur Othon Comte de Locriven avec quelques gens de sa suite, Messire Erdmut qui représentait le Comte de Lech avec plusieurs gens de sa suite et maints autres chevaliers vassaux du Comte de Vézelay et du Seigneur Norrin. Vinrent aussi plusieurs de ses compagnons d’armes : un seigneur nain nommé Hergol Aedir, Maître Malevich un troubadour de renom, un elfe du nom d’Indis Annael qui venait des marches de Reichenau, Frère Chrysanthème un homme de grande piété, un grand gobelin du nom de Galapiat de grande taille et force et Maître Wortlaster un homme sage et érudit versé dans les arts arcanes.

    La semaine avant le début du tournoi, on vit grande agitation à Lülnich car beaucoup de personnes venaient pour assister au tournoi et de nombreux marchands étaient venus y faire commerce. La ville était grand pleine de bruit et comme il ne restait nulle place dans les auberges, nombre de personnes logeaient sur les navires au mouillage dans le port. 3 centaures étaient venus  des plaines du sud-est, dont la présence causa grande agitation car nul n’avait vu de leurs semblables jusqu’alors.

    Le premier matin, le Comte de Vezelay fit inspecter les armes des chevaliers pour vérifier que nul n’était défamé et les faire inscrire en registre. Après le repas, le Seigneur Norrin reçut ses principaux visiteurs en son donjon et reçut d’eux maints merveilleux présents en l’honneur des épousailles. Dame Vivian reçut chacun des hôtes accompagnée de son chat, ce qui causa quelque surprise.

    Le second jour, s’affrontèrent les chevaliers en joute. On y put voir le Seigneur Othon, le Baron Joachim von Most, son fils Arnim, Messire Jörg et Sire Ulrich membres de l’ordre de la licorne, le Seigneur Norrin et son fils Reuter, Messire Erdmut, Sire Quaert, Joachim von Nevaol fils du Comte de Vezelay et maints bons chevaliers vassaux du Seigneur Norrin et du Comte de Vezelay. Aux premiers combats, Arnim von Most trébucha son père à la première passe, Sire Quaert l’emporta sur le Seigneur Norrin, le Seigneur Othon frappa la crête de Sire Ulrich, Joachin von Nevaol trébucha Messire Erdmut, Messire Khris mit à terre Sire Reuter, l’emportèrent aussi Messire Albert, Messire Jörg et Messire Friedrich. Au seconds combats, triomphèrent Arnim von Most, Messire Jörg, le Seigneur Othon et Joachim von Nevaol. Au troisièmes combats, vainquirent Arnim von Most et Joachim von Nevaol. En fin, Joachim von Nevaol fut vainqueur de son adversaire et de tous loué car il avait montré grande prouesse.

    Le troisième jour, maints chevaliers s’affrontèrent en passes d’armes. Grands faits d’armes advinrent et s’y distinguèrent le Seigneur Othon et Sire Quaert.

    Le matin du quatrième jour, les chevaliers s’affrontèrent en lices. La chevalerie du Comte de Vezelay, conduite par le Seigneur Norrin remporta la victoire après maints fougueux combats. Après le repas, marchands et visiteurs rendirent hommage au Seigneur Norrin, son fils Reuter et sa fille Dame Vivian dans son donjon. Comme au premier soir, Dame Vivian avait à ses côtés son chat qu’à tous elle présentait. Maints riches présents furent offerts au Seigneur Norrin par ses hôtes. Les centaures offrirent une flûte magique , un arc et un bouclier enchantés.

    Le matin du cinquième jour, les archers firent assaut d’adresse. Prirent part les elfes Indis Annael et Sülimerion, un centaure nommé Floris, et plusieurs chasseurs et gardes de la suite du Comte de Vezelay et du Seigneur Norrin. A chaque pas, les cibles étaient reculées et certains abandonnés. Après trois volées, demeuraient Messire Indis Annael, Messire Sülimerion, Guichard un franc-archer venu de la ville de Nevaol et Jörg  un des gardes du donjon de Rotfels. A la dernière volée l’emporta Jörg qui devançait Messire Sülimerion.

    Un grand banquet fut ensuite donné par le Seigneur Norrin en l’honneur de ses hôtes. Y furent servis bon vins et moultes viandes pendant que troubadours et baladins faisaient distraction. Après une heure de grande liesse, se fit entendre un grand bruit. Aramis le chat gronda fortement alors que Dame Vivian se leva et montrait la direction d’où venaient les bruits en criant d’une voix forte “Un homme-lézard”. Fut alors un grand tumulte. Sur la partie dextre de la table, se fit une grande orbe d’ombre, celant au regard l’homme que Dame Vivian avait montré. Le Seigneur Othon, bondit sur la table tenant une dague, sa cape enroulée autour de son bras gauche. On entendait la voix forte de Maître Wortlaster clamer en une langue étrangère et celle de Dame Vivian crier “Il y en a sûrement d’autres”. Chacun cherchait des armes et regardait autour de soi dans une grande confusion. Par chance, Dame Vivian avait fait demander qu’on apporte les épées du Seigneur Norrin et de Messire Reuter pour juger laquelle était la plus belle, ainsi ces deux chevaliers fûrent vite armés et prêts à combattre. Des deux bords de la table s’élevaient des cris, du coté senestre de grands serpents issus d’une male sorcellerie, attaquaient les hôtes. L’obscurité maléfique qui celait un des ennemis se dissipa soudain et plusieurs chevaliers de se porter sur lui pour l’occire tandis que le Seigneur Othon et Messire Sülimerion lançaient sur lui leurs dagues. Il fût si tôt navré et tous purent voir qu’il avait la tête d’un lézard. Maître Wortlaster fit entendre une voix forte et frappa de stupeur  un autre des ennemis qui fut vite pris. Voyant leur malefortune, les deux combattants qui demeuraient s’enfuirent par un sortilège dans une grande fumée. Lors tous fut nombrés et deux chevaliers furent trouvés défaillants  mais les blessés furent livrés aux médecins.